JOUR 1 ADAD - AOUIS
Nous sommes dans un massif montagneux de grès, perdu en plein désert de sable.
La roche est noire, jaune, rouge, rosée, blanche... et par l'érosion des vents, se sont créées des formes invraisemblables : nuages, moutons, doigts, femme enceinte, couples se regardant.... elles sortent du sable et s'élèvent face au ciel, majestueuses.
Nous les traversons de part et d'autres, changeant de couleurs selon l'inclinaison du soleil. Elles semblent nous raconter une histoire, l'histoire de ce désert sans doute...
La sable... il est vivant, complètement vivant. Il crisse, craque, grince sous nos pieds. Tantôt fluide, tantôt dur, épais ou si fin que nos pieds s'enfoncent, dérapent et tout à coup il nous fait perdre l'équilibre. Et puis, insaisissable aussi... avec le vent, il s'enroule, s'envole tel un esprit fantomatique. De grandes stries à de minuscules, au gré des vents et des montagnes environnantes, il se découvre de mille facettes.
 
Et sa couleur, ses couleurs. D'une dune à l'autre, elles se chamarent... du rose au jaune, du mauve au noir, les grains se mélangent et se nuancent donnant l'impression d'une matière si éphémère, et pourtant prête à se découvrir à qui veut bien la regarder et prendre le temps de l'explorer.
Tout à coup, j'ai eu l'impression d'être dans la neige, une étendue de neige en pleine montagne, blanche, pure, immaculée. Mais il faisait très chaud, plus un brin d'air. La sensation était pourtant la même dans cette immensité, le sentiment d'être en pleine Nature, loin de toute trace humaine.
En Islande, il y a 100 façons de parler de la neige. Et ici, en pays désertique, les touaregs ont-ils 100 manières de parler du sable ?
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