Un trek chez les hommes bleus

TRAVERSEE DE L'AKAKUS NORD / LYBIE déc 07


Une carte postale des plus diverses pour un trek d'une semaine dans ce désert du sud-ouest lybien...  Le récit en couleur, en écrit et en photo en dessous.





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Publié à 04:52, le 7/01/2008,
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ARRIVEE EN AKAKUS

Il est 6 heures du matin lorsque je pose enfin ma carcasse fatiguée dans un sac de couchage, au milieu des dunes. Je ne décrirai pas le voyage en détail mais il aura fallu 22 heures pour réaliser un Lyon/Akakus. Quelques maîtres mots des voyages me reviennent : confiance et patience ! Il fait un froid de canard, je suis épuisée et cours me réfugier derrière une dune pour dormir un peu, le programme du trek débute dans 2 heures.

Je suis réveillée en sursaut par Mohammed, notre guide... cachée derrière ma dune, ils allaient partir sans moi ! Je suis heureuse d'apprendre que nos chauffeurs prennent nos passeports sans quoi, je restais seule, perdue en plein coeur du Sahara... Je me hâte, la tête à l'envers, je me trompe de tasse de café, me fais envoyer sur les roses par une charmante corandonneuse, colle ma tartine de sirop de datte sur mon genoux gauche, boucle mon sac en 2 secondes 30 et c'est parti pour les 6 premières heures de marche. "zen ma fille, le voyage a été cahotique, le réveil apocalyptique... il faut que ça change !". 2 heures plus tard, la 1ère ampoule saharienne pointe son nez sur mon talon gauche, évidemment ma pharmacie est sur un chameau !

On laisse de côté les petits tracas que j'oublie vite tellement j'en prends plein la vue.
 



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Publié à 11:55, le 6/01/2008,
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JOUR 1 ADAD - AOUIS

Nous sommes dans un massif montagneux de grès, perdu en plein désert de sable.
 

La roche est noire, jaune, rouge, rosée, blanche... et par l'érosion des vents, se sont créées des formes invraisemblables : nuages, moutons, doigts, femme enceinte, couples se regardant.... elles sortent du sable et s'élèvent face au ciel, majestueuses.


Nous les traversons de part et d'autres, changeant de couleurs selon l'inclinaison du soleil. Elles semblent nous raconter une histoire, l'histoire de ce désert sans doute...

La sable... il est vivant, complètement vivant. Il crisse, craque, grince sous nos pieds. Tantôt fluide, tantôt dur, épais ou si fin que nos pieds s'enfoncent, dérapent et tout à coup il nous fait perdre l'équilibre. Et puis, insaisissable aussi... avec le vent, il s'enroule, s'envole tel un esprit fantomatique. De grandes stries à de minuscules, au gré des vents et des montagnes environnantes, il se découvre de mille facettes.
 

 

Et sa couleur, ses couleurs. D'une dune à l'autre, elles se chamarent... du rose au jaune, du mauve au noir, les grains se mélangent et se nuancent donnant l'impression d'une matière si éphémère, et pourtant prête à se découvrir à qui veut bien la regarder et prendre le temps de l'explorer.

Tout à coup, j'ai eu l'impression d'être dans la neige, une étendue de neige en pleine montagne, blanche, pure, immaculée. Mais il faisait très chaud, plus un brin d'air. La sensation était pourtant la même dans cette immensité, le sentiment d'être en pleine Nature, loin de toute trace humaine.

En Islande, il y a 100 façons de parler de la neige. Et ici, en pays désertique, les touaregs ont-ils 100 manières de parler du sable ?



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Publié à 06:48, le 5/01/2008,
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JOUR 2 AOUIS - WADIS AOUIS




Aujourd'hui, mes clichés du "désert" se sont envolés en poussière. Des dunes insurmontables à perte de vue ? point du tout !
Nous étions dans le noir. Dans le grès noirci par le soleil. Des montagnes, des roches, des cailloux, du sable, de la poussière... noirs, et argentés par les rayons du soleil. Presque du charbon ou de l'ardoise. Une matière friable qui claque et roule sous nos pieds.




Parfois, apparaît un relan de dune dorée, quelques pommiers de Sodome nous laissant entrevoir un semblant de vie.
Il fait très chaud. La vie des chameaux est prioritaire à la nôtre. Nous ne nous arrêtons pas où il y aurait de l'ombre, nous nous arrêtons là où les chameaux trouveront 3 brins de broussailles à grignoter !

Sur notre route, nous croisons quelques peintures et sculptures rupestres nous rappelant que des humains ont habité, habitent ce terrain vierge. Eléphants, girafes, antilopes, symboles religieux et enfants sont représentés sur les roches tendres. Mais pas d'autre vie ici, juste un futur ex puit asséché masqué par un pneu de camion, une pierre tombale pillée d'un savant faîte de cailloux... et des mouches. Mais que font-elles là ? Qu'ont-elles à se mettre sous la dent ???



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Publié à 01:23, le 4/01/2008,
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JOUR 3 WADIS AOUIS - ARALACHEM

Noir, c’est noir.
Plus le moindre grain de sable. Des cailloux partout, des petits, des gros, anguleux, pointus, plats mais tous : noirs, marrons ou gris ! Des tas, des amas, des monts, des montagnes de cailloux noirs, à perte de vue. Plus un brin de vie, de flore, d'insecte, ici c'est l'enfer !

 


Nous gravissons le col de Tazzebot et l'air se rafraichit au fur et à mesure. La vue est magnifique... des chamarés de gris et noirs où que l'on regarde. On attendra que la caravane passe... les chameaux ont du mal dans la caillasse... et puis on attend encore... qu'ils prennent de l'avance car marcher derrière eux leur fait peur.


On est heureux de redescendre dans la plaine, l'ambiance est quand même très particulière dans ce désert noir. C'est encore une longue traversée dans la caillasse, la même... les dunes nous manquent !


Notre journée "sportive" car on s'est levé très tôt nous a mis sur les rotules ! Nous arrivons heureusement au bout de l'enfer et apercevons les dunes de Tannezouft qui s'étendent à l'horizon et n'attendent que nous ! Avant cela, il faudra longer l'oued... et c'est tempête de vent. Nous nous arrêtons pour dormir et le vent se calme... Nos amis les bêtes sont de vrais chameaux ! A défaut de rencontrer du monde, on se fait copain avec !

 



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Publié à 12:08, le 3/01/2008,
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JOUR 4 ARACHALEM - IMDJAL

Nous terminons notre traversée de l'enfer... et au loin apparaissent des dunes fantastiques... roses comme les fesses d'un bébé !

De la dureté et l'âpreté de la pierre, nous retrouvons la douceur et la souplesse du sable doré. Il faudra toutefois quelques heures de marche avant de pouvoir grimper sur l'arête de la plus haute dune. En tournant la tête, on aperçoit la diversité des paysages et des couleurs... c'est étonnant en aussi peu de kilomètres, dans cette immensité.


Par terre, en bord de dune, nous marchons sur des centaines de coloquintes rondes... elles roulent avec le vent et se dispersent dans tout cet espace. A l'intérieur, des graines... en ce moment, à côté de ma tente, alors que je suis frigorifiée, une "bestiole" joue des maracas avec l'une d'entre elle... j'ai de la musique en direct ! Ce soir, je vais m'endormir au son des coloquintes !



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Publié à 07:27, le 2/01/2008,
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JOUR 5 IMDJAL - TANNEZOUFT

Cette nuit, il a gelé. Du givre sur les sacs à dos et les duvets. Autant dire que je suis heureuse d'avoir pris ma tente qui malgré son unique toile, m'a bien protégé du froid. La différence de température entre le jour et la nuit est d'au moins 20 à 25° ce qui fait que nous passons notre temps à mettre des couches et les enlever ! On passe donc du blouson de ski au tee-shirt en quelques heures seulement... d'ailleurs, les touaregs ont toujours très froids ! Et nous avons à la fois la goûte au nez et des coups de soleil !



Autre écart : les distances. Elles sont complètement faussées dans les dunes. Des heures pour s'approcher, grimper puis redescendre une dune qui semble pourtant si proche ! Le bonheur est de marcher sur l'arête ciselée par le vent... c'est magnifique... sable dur d'un côté, souvent complètement mouvant de l'autre...




Aujourd'hui a été une journée dans les dunes aux sables dorés et colorés différemment, aux grains de plus en plus épais lorsque nous nous approchons de la cîme. On aperçoit au loin des teintes d'ocre, rose, orangé, jaune... et la montagne au fond, l'Akakus, long ruban mauve.

Une belle journée où l'on a glissé, crapahuté, courru, soufflé aussi, dans ce sable merveilleux. Nous avons croisé nos premiers voisins, une tribu touareg installée près d'une source d'eau chaude où nous avions envisagé de nous laver. Un campement provisoire et de fortune pour une cure contre le rhume ! On ne fera que le traverser et tous nous regardent avec bienveillance. J'aurais bien fait une halte ici...

 



A part ces quelques touaregs, nous n'aurons entendu que quelques 4/4 au loin, un avion au dessus de notre tête et une voiture de police ! Ce soir, il y a ravitaillement du village voisin, nos chameliers Messaoud, Ali et Gibril ainsi que notre cuisinier Tahir et Mohammed sont tout heureux de partager le thé avec leurs hôtes. Après le repas du soir, c'est à notre tour de nous joindre à eux autour du thé : le whisky local, whisky touareg en pays touareg, berbère en pays berbère !

 



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Publié à 10:55, le 1/01/2008,
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JOUR 6 TANNEZOUFT - GHAT

C'est le dernier jour de marche. La nuit a été bonne, moins fraiche et on se réveille en meilleure forme même si le petits bobos se font de plus en plus persistants.

C'est une très belle journée dans les dunes, les hautes dunes cette fois ! On grimpe, on descend, on regrimpe, on redescend... elles n'en finissent pas... Changeant de couleur constamment, on est surpris où que l'on regarde. Nos pieds pèsent des tonnes, des tonnes de sable dans les chaussures, pas la peine de l'enlever, il revient tout le temps !
Le soleil est de plomb. Une vraie journée dans le désert saharien, comme je l'ai imaginé... comme je l'ai rêvé. Et que j'avais presque oublié tellement j'ai été surprise de la diversité de ces paysages.




Nous nous dirigeons doucement vers la ville de Ghat où nous allons passer la nuit. Nous venons d'apprendre que nous avions droit à une douche et un lit et on a du mal à le croire ! Et puis, ce soir est le 1er jour du Festival annuel de tourisme de Ghat qui consiste en une célèbre course de chameaux le 31 décembre ! Ce soir, c'est la soirée d'inauguration où nous devrions voir des chants et des danses touaregs.




Tout heureux, nous demandons à partir après le repas du soir à la fête ! Grosse déception.... on attend 2h30 dans un vent glacial, l'organisation est catastrophique... il est 23h15 et les discours n'ont toujours pas commencé... on est gelé. On décide de rentrer au chaud... et là on se rend compte que tout le monde a prévu d'arriver avec 2h30 de retard !!! Dommage pour cette soirée qui aurait pu nous faire toucher du doigt de la culture touareg...



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Publié à 09:23, le 31/12/2007,
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JOUR 7 GHAT - SEBBAH

Cette nuit, nous avons eu trop chaud !!! On suffoque dans nos sacs de couchage à -5 enfermées dans une chambre sans fenêtre ! Le chant des coqs me réveillent à 6h en interrompant mon rêve, rêve ou cauchemar... Je me retrouve au 1er jour, oubliée dans le désert et m'organisant pour survivre durant 7 jours (avant l'arrivée du prochain groupe) avec 24 barres de céréale, 1 litre d'eau, 1 tente et 2 livres !!! Et une phrase inscrite en gros sur le sable pour les 2 avions par semaine qui passent à cet endroit "SOS, je suis à l'ombre " !!!



Ce matin, nous visitons la vieille ville de Ghat, où quelques maisons sont encore habitées. Des maisons en terre blanchies quelque fois à la chaux, en ruine ou encore debout laissant paraître un peu de vie. On retrouve l'architecture musulmane typique des médinas... la balade est calme, très agréable. La vieille ville est surmontée du fort, d'où l'on domine la ville entière. On aperçoit les dunes au loin, les montagnes, l'oasis et une ville peuplée d'antennes paraboliques !

 

 


On en profite pour faire quelques achats de bijoux touaregs, à peu près seule activité marchande, avec des tentatives de négociation plus ou moins avortées. Bijoux en forme d'Akakus pour les femmes, d'autres pour les hommes, des Croix du sud, oeil du désert, poil de chameaux, tous ont une signification savamment expliquée par les vendeurs...



Et puis un long trajet de 6 heures pour rejoindre Sebbah où l'on attend l'avion. On croise des cueilleurs de dattes très heureux d'être suspendus dans les palmiers, une vache qui rit affichée alègrement sur des devantures... Et puis on arrive à l'aéroport à l'enseigne "La démocratie, c'est suivre les règles et non la voix du peuple". Et tout à coup, on oublie la chaleur du sable et un petit vent frais nous glace le dos... retour dans la vraie vie....




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Publié à 01:05, le 30/12/2007,
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Qui suis-je ?


Une randonnée d'une semaine en Akakus Nord parmi les splendides paysages du désert saharien et sa chaîne montagneuse lybienne... au pays des Hommes bleus, les touaregs.


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